Test des Philips SPA6350

Enceintes 2.1 Philips SPA6350

Les enceintes que j’ai testé aujourd’hui sont les Philips SPA6350, qui sont des enceintes de type 2.1 d’une puissance de 40 Watts RMS, ce qui les place dans la catégorie des enceintes de puissance moyenne. Ces enceintes ne sont pas nouvelles mais elles ont quelques particularités intéressantes, et notamment du point de vue acoustique comme on le verra dans la suite. Le prix de vente constaté actuellement est d’environ 90 €, mais il semblerait qu’assez peu de magasins la proposent en vente.

 

J’ai déjà testé quelques enceintes 2.1 Philips sur ce blog, dont les SPA5300 qui sont sans doute celles se rapprochant le plus des SPA6350. Philips est un constructeur très sérieux, qui arrive souvent à intégrer quelques nouveautés ou innovations dans ses produits, parfois bien cachées. Le design n’est en revanche pas le gros point fort des enceintes Philips, qui ont rarement un look accrocheur au premier regard.

Les SPA6350 s’inscrivent pleinement dans cette lignée. Pour commencer par le design, c’est donc loin d’être les plus belles enceintes que j’ai vu. Disons qu’elles ont un style très simple et sobre : le caisson de basses est un cube intégralement noir, avec une petite partie noire laquée au niveau du pavillon de l’évent sur le côté. Les 2 enceintes satellites sont un peu plus travaillées, avec une surface noire laquée sur les côté, et un revêtement noir mat sur la face avant. Les haut-parleurs sont apparents, et ce qui apporte un peu de style à ces SPA6350 est l’anneau de couleur blanche qui entoure le haut-parleur des médiums. Le tweeter au-dessus laisse voir sa membrane métallisée, protégée par une légère structure de plastique noir laqué.

Si les SPA6350 n’ont pas un caractère très prononcé au niveau du design la qualité de la fabrication est en revanche à saluer. Les finitions sont bonnes, les revêtements bien que classiques sont de qualité, et on sent bien que la durée de vie de ces enceintes pourra être assez longue.

Concernant les réglages et la connectique c’est là aussi de l’ultra-simple : La molette de réglage du volume se trouve sur le satellite droit, intégrant une fine bande de lumière rouge qui est allumé lorsque les enceintes sont sous tension. Le reste se passe à l’arrière du caisson de basses, où l’on a un variateur pour ajuster le niveau des basses, les 2 connecteurs pour relier les enceintes satellites, et l’interrupteur Marche / Arrêt. Et c’est tout. Donc pas de télécommande, pas de réglage des aigus, pas d’entrée audio auxiliaire, pas de prise casque… c’est assez minimaliste.

Le satellite gauche se connecte via un connecteur mini-Jack, tandis que le satellite droit (celui qui a la molette du volume) se connecta via un connecteur mini-DIN6. La longueur des câbles reliant les satellites au caisson est de 1.25 mètres.

Et l’entrée audio est faite par un câble mini-Jack (1.25 mètres de longueur également) qui est intégré au satellite droit, et qui devra donc être relié à l’ordinateur, au lecteur MP3, à la télé, ou tout autre appareil audio sur lequel vous souhaitez brancher les enceintes.

 Enceintes PC 2.1 SPA6350

Venons-en à la particularité de ces enceintes Philips SPA6350 que j’évoquais en introduction, et qui est en fait bien cachée. Ça concerne la conception acoustique du caisson de basses. En effet, le type de caisson le plus largement répandu dans l’audio multimédia est aujourd’hui le bass-reflex, qui consiste à ajouter un évent – sorte de tube creux qui permet le passage de l’air entre le volume intérieur de l’enceinte et l’extérieur – au caisson de l’enceinte close. La structure basss-reflex est utilisée dans 95% des enceintes actuelles, car elle permet d’améliorer la réponse de l’enceinte dans les graves par rapport à une enceinte close, à volume égal. La structure bass-reflex est un peu plus pointue à concevoir et à régler que la structure close, puisque l’évent doit être dimensionné de manière très précise (longueur, diamètre, position, pavillon), sans quoi on risque de détériorer la réponse de l’enceinte.

Mais il existe bien d’autres structures acoustiques utilisables pour les enceintes, comme l’enceinte à haut-parleur auxiliaire passif (cf. mon article sur ce sujet), l’enceinte à pavillon, l’enceinte à résonateur, l’enceinte à asservissement, etc. Chacune de ces structures possède ses avantages et ses inconvénients, mais dans tous les cas elles sont généralement beaucoup plus difficiles à mettre au point et à concevoir que l’enceinte à évent classique. Autrement dit plus chères, et donc moins intéressants pour les constructeurs de produits grand public.

Mais avec les SPA6350 Philips a décidé de prendre le coup, et a utilisé pour son caisson une structure dite à charge symétrique avec cavité émettrice. Cette peut être classée dans la série des enceintes à résonateur. En termes simples, elle consiste à séparer le volume intérieur du caisson en 2 parties. Le haut-parleur est placé à la frontière de ces 2 parties, et un évent débouchant sur l’extérieur forme la partie dite émettrice. On peut noter que la particularité de cet évent par rapport aux évents classiques est qu’il doit être recouvert d’une garniture absorbante (afin de jouer le rôle d’une résistance), ce que l’on sent bien en passant le doigt sur l’évent des SPA6350, recouvert d’une sorte de mousse. Voici une illustration peut-être plus claire du caisson des SPA6350 :

Structure du caisson des SPA6350

Cliquez pour agrandir l’image

Alors tout cela est bien beau, mais à quoi ça sert concrètement me direz-vous ? En fait ce type de structure convient particulièrement bien aux caissons spécialisés dans les basses fréquences puisque la forme de sa réponse est de type passe-bande, ce qui fait qu’il ne requiert aucun filtrage supplémentaire lorsqu’il est couplé à d’autres enceintes spécialisées dans les médiums/aigus, ici les 2 enceintes satellites des SPA6350. De plus la réponse en régime transitoire de ce type de structure est très bonne. Mais bien sûr ce système est assez complexe à mettre au point, ce qui explique en partie pourquoi on ne le trouve quasiment jamais chez les enceintes multimédia 2.1

 

Ce petit intermède sur des considérations acoustiques me semble intéressant dans la mesure où c’est tellement rare qu’un constructeur prenne quelques risques pour tenter une conception acoustique originale de ses enceintes, avec l’idée derrière d’obtenir une couleur de son particulière qui sorte un peu de la norme, qu’il me semble utile de le relever et d’essayer d’expliquer un peu ce qu’on pourrait ne pas douter une seconde en voyant les enceintes au premier abord.

Je vais donc maintenant allumer ces enceintes Philips SPA6350 pour tester le rendu audio

Les médiums et les aigus sont très bons, bien équilibrés entre eux, et sans aucun reproche à faire sur la précision. Ça n’avait pas vraiment été le cas avec les SPA5300 donc je craignais que ça se reproduise avec les SPA6350, mais il n’en est rien, le rendu médium/aigu est superbe, les 2 satellites font de l’excellent boulot.

Par ailleurs ils ne saturent que très peu à fort niveau, donc on peut utiliser les SPA6350 à volume assez élevé sans grosse perte de qualité audio, c’est agréable. Mais quand on met le variateur du volume au maximum là la saturation apparait inévitablement, donc si on peut utiliser les SPA6350 à fort niveau on évitera cependant de mettre le volume au taquet (ce qui est vrai pour à peu près toutes les enceintes multimédia d’ailleurs). Cela dit, pour des musiques chargées et où la rythmique tient le rôle principale cette saturation à volume maximal pourra passer…

Enceintes satellites des Philips SPA6350

Et qu’en est-il alors de ce fameux caisson de basses sa structure à charge symétrique avec cavité émettrice ? Et bien les basses en elles-mêmes sont assez bonnes c’est vrai, et sont assez rondes bien que sans une chaleur bien marquée (comme on trouve chez les enceintes Genius par exemple). Pas de saturation ou de bruits parasites à niveau normal, c’est indéniablement un bon caisson.

Mais le problème principal du caisson est selon moi sa puissance : les basses sont en effet trop faibles par rapport à la puissance des satellites, et pour bien les entendre on doit ajuster le niveau des basses proche du maximum. La conséquence est que l’ampli est toujours au taquet, et les basses perdent beaucoup en précision. C’est vraiment dommage, car la conception du caisson est assez avancée, et le rendu des basses prises séparément est très bon, mais le problème vient juste de la puissance du caisson (et de l’ampli notamment) trop faible, qui oblige à faire fonctionner le caisson à ses limites. Et d’ailleurs les spécifications données par Philips le confirme : 13 Watts RMS par satellite, et 14 Watts RMS seulement pour le caisson de basses, c’est trop faible.

On perd donc malheureusement les bénéfices qu’apporte la conception à charge symétrique du caisson, à cause d’une puissance trop faible qui rend les basses trop absentes, ou bien imprécises si on monte leur niveau au maximum.

 

La conclusion de ces enceintes Philips SPA6350 est donc assez mitigée : On a d’une part une enceinte 2.1 de très bonne facture, qui semble faite pour durer dans le temps, et avec une conception acoustique audacieuse, notamment concernant le caisson de basses. Le rendu des médiums et des aigus est excellent, avec précision et équilibre au rendez-vous, même pour des niveaux sonores assez élevés.

Mais un sous-dimensionnement du caisson de basses par rapport aux enceintes satellites fait perdre en grosse partie le bénéfice apporté par sa conception originale. Et on se retrouve au final avec soit des basses précises mais trop faibles, soit des basses à niveau mais avec une précision bien pauvre… Il faut bien sûr relativiser, ce n’est absolument pas dramatique pour les films ou les jeux vidéos, mais pour une utilisation musicale un peu exigeante on aurait le droit d’attendre un peu mieux.

Quant au design il n’est pas franchement révolutionnaire, mais bon, on dira que le sérieux de la conception des SPA6350 se retrouve dans un design… sérieux !

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